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HISTOIRE DE L'EGLISE: 1ère partie

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1819, 6 février – Stamford Raffles établit un comptoir à Singapour au nom de la compagnie anglaise des Indes Orientales.

1821, décembre – Visite du premier missionnaire catholique à Singapour. C’est le P. Laurent Imbert, des Missions Etrangères de Paris, qui, en route pour sa mission du Sechuan, en Chine, avait été chargé par le Vicaire Apostolique de Siam de se renseigner sur la présence éventuelle de Catholiques dans ce nouveau port britannique. Le P. Imbert en trouve une douzaine, des immigrants chinois très pauvres, travaillant sur le port. Dans son rapport à l’évêque de Bangkok, il suggère que la visite mensuelle d’un missionnaire suffirait pour le soin spirituel de ces quelques Chrétiens.

Le P. Laurent Imbert, après douze ans de ministère en Chine, se porte volontaire pour la mission de Corée où sévit une sévère persécution contre les Chrétiens et où il n’y a plus de prêtres. En 1837, nommé évêque de Capse et vicaire apostolique de Corée, il y entre en secret avec deux autres missionnaires de Chine, les Pères Pierre Maubant et Jacques Chastan. Arrêté en août 1839, l’évêque – en citant l’évangile: “Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis”- conseille à ses deux confrères de se livrer aux autorités, dans l’espoir d’éviter de plus grands malheurs à leurs Chrétiens. Les trois, après d’horribles tortures, furent décapités le 21 septembre 1839, près de Séoul. Béatifiés le 5 juillet 1925, ils furent parmi les 103 Martyrs de Corée canonisés par Jean Paul II à Séoul le 6 mai 1984.
Une plaque commémorative, avec des reliques du St. Martyr Laurent Imbert, se trouve dans la Cathédrale du Bon Pasteur, à Singapour.

En 1824, les Catholiques de Singapour – où il y a déjà 10.683 habitants – demandent au Vicaire Apostolique de Siam de leur envoyer un prêtre. A cause de la présence des Portugais à Malacca (depuis 1511), l’évêque demande à Rome de préciser qui a juridiction sur Singapour: le Patronat portugais (Goa) ou les missionnaires envoyés par la Sacrée Congrégation pour la Propagation de la Foi.

En 1827, Rome répond que le Vicaire Apostolique de Siam a pleine juridiction sur Singapour. Or, depuis 1825, un prêtre de Macao s’est installé à Singapour. Il revendique la seule juridiction portugaise, au nom de l’archevêché de Goa, et refuse d’accepter les décisions de Rome, instaurant ainsi une sorte de schisme et un conflit de juridictions qui va durer jusqu’en 1887!

1832, 18 juin – Le P. Pierre Clémenceau est le premier missionnaire résidant à Singapour. Il est suivi, en Octobre, par les P. H. Courvezy et E. Albrand. Ce dernier fonde la mission chinoise.

1833, 9 juin – La première chapelle est ouverte au culte, bientôt trop petite pour la communauté catholique (300) qui s’accroît rapidement.

1838, juin – Le P. Jean Chu, un prêtre chinois de Bangkok, prend en charge l’apostolat des Chinois à Singapour. Il mourra à Singapour le 13 juillet 1848 et sera enterré dans l’église du Bon Pasteur. (Voir sa pierre tombale dans la Cathédrale)

1839, 29 octobre – Arrive de France le P. Jean Marie BEUREL, considéré maintenant à juste titre comme le “fondateur” de l’église Catholique à Singapour. En janvier 1840, il est mis en charge de la communauté catholique de Singapour et entreprend aussitôt la rude tâche de collecter des fonds pour la construction d’une église, rendue nécessaire par l’exiguïté de la première chapelle.

1841, 10 septembre – La Mission de Siam, confiée depuis 1669 aux Missions Etrangères, est divisée entre: Mission de Siam proprement dite et Mission de la Péninsule de Malaisie, dont Mgr H. Courvezy devient le premier Vicaire Apostolique, résidant à Singapour. Le nouveau Vicariat comprend: la Malaisie (Penang, 2.200 Catholiques – Malacca, 2.000) une partie de la côte sud-ouest de Birmanie (Mergui & Tavay, 330 Catholiques) et l’île de Singapour (500 Catholiques)

1847, 6 juin – Inauguration de la nouvelle église (aujourd’hui Cathédrale), dédiée au Bon Pasteur en mémoire de St. Laurent Imbert, bâtie par le P. Beurel sur un terrain donné par le gouvernement, en face de l’ancienne chapelle. (Attention! – Toutes les plaques apposées à l’extérieur de la Cathédrale - Heritage Board, Monuments Historiques, etc. - donnent à tort la date 1846…)

A plusieurs reprises, mais surtout en février 1851, les sociétés secrètes chinoises, jalouses de l’influence qu’exerce l’église catholique sur les migrants chinois, dont beaucoup se convertissent, lancent une attaque contre les plantations chinoises du Nord de l’île. Les fermiers chinois, dont beaucoup sont Catholiques, se réfugient en ville. Après une semaine de violence et de destruction, on aurait compté près de 500 victimes.